Par une belle journée d’hiver (austral), nous décidons de prendre le pick-up pour nous rendre dans la zone perdue du Salar de Tara. On la dit d’une beauté farouche qui ne s’effeuille que sous le regard des plus audacieux.
Petit tour préalable par la gendarmerie – ou l’équivalent qu’on appelle les carabineros – de San Pedro de Atacama, qui confirme que le Salar est facilement accessible, à tel point que même un enfant de 5 ans les yeux bandés sur un vélo à pédales peut s’en sortir sans problème. Et comme deux avis de carabinero valent mieux qu’un, et que là, le monsieur, il était tout seul…
Pourtant, sur une carte, rejoindre le Salar, a priori, c’est simple : route 27, puis prendre la piste sur la gauche. Et là, c’est le drame.
Si le premier kilomètre de piste est un jeu d’enfant (sur un vélo à pédales ?), plat, peu de sable, en revanche la suite est nettement moins festive. Néanmoins, nous continuons bon gré mal gré, et décidons d’arrêter le moteur au lieu dit des Monjes de la Pacana. Bien mal nous en prit. Après une bonne heure de balade, à méditer et à nous imprégner d’une nature quasi-extra-terrestre, nous revenons au véhicule, le démarrons, accélérons, et… nous nous enfonçons.
Seulement 20 cm de sable, les heures qui passent, el condor no pasa en revanche ni une quelconque âme motorisée. Et c’est l’angoisse qui gagne l’équipe. Alors, on creuse, on creuse. Et comme les shadoks qui pompaient, pompaient et pompaient encore et encore, sans résultat, nous, nous creusons, creusons encore et encore, aboutissant à un résultat typiquement “shadokien”. Nous construisons aussi un petit chemin inca sous les roues, en guise de rampe de lancement… mais rien n’y fait ! Et les shadoks creusaient, creusaient… le suspens est à son comble et le dénouement de cette histoire dans la vidéo ci-dessus.
Conclusion : ne nous laissant pas abattre, nous retournons au Salar de Tara une semaine après, et… mission réussie !
Résultat, la conception de huit circuits atacamènes est actuellement en phase de bouclage, dont deux intégrant le somptueux et farouche Salar de Tara. Elle n’est pas belle, la vie ?